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Tuta blu
Colères, souvenirs et rêves d’un ouvrier du Sud

« La machine s’abîme aussi, alors tu imagines un homme. Qui peut établir combien et comment je dois travailler, et de quel droit ? » 

Tommaso di Ciaula
9791-09-52444-48 – 176 pages – 19€

Plongée radicale dans les pensées d’un ouvrier des Pouilles, Tuta Blu est un texte mythique qui a fait le tour du monde. Cinquante ans après sa parution, ce roman-mémoire et pamphlet témoignant des ravages de l’usine et de la fin d’une civilisation, conserve sa modernité furieuse et lucide.

« Tuta blu », c’est le bleu de travail de l’ouvrier, soumis aux trois-huit et aux rendements, comme l’écho au bleu de la mer Adriatique, pourrie par les déchets issus de l’industrialisation forcée du sud italien. 

Fatigue, crasse, terreur, oppression, lâ-cheté des chefs et des syndicats, ennui du dimanche, atteinte aux corps, hantises et rêves, toutes les conséquences du travail jalonnent cette oeuvre visionnaire, et dont la portée critique ne se sépare jamais d’une infinie tendresse.

Ouvrier, petit-fils de paysan, Tommaso Di Ciàula (1941-2021) a vécu et travaillé près de Bari, dans les Pouilles. Tous les jours, il a enfilé son bleu, fait ses huit heures, et, après l’usine, sur les coups de 23 h, écrit : il a écrit l’industrialisation, le consumérisme, l’aliénation par l’automobile, le football ou les syndicats. Toujours avec la volonté de témoigner du quotidien et des transformations imposées par l’usine aux hommes et aux paysages…

Arthur Halgand traduit depuis l’allemand, l’italien et l’anglais. Titulaire d’un master en littérature allemande obtenu entre Bordeaux et Bari (Italie), passionné par les liens entre traduction et création littéraire et visuelle, il a également suivi une formation en recherche et création littéraire à Paris.

Depuis plus de 30 ans, Joëlle Jolivet dessine, grave du linoleum et  crée des livres qui sont publiés dans le monde entier : imagiers grand format,  livres à colorier (ou pas), contes, bandes dessinées, histoires déjantées en duo avec  Jean-Luc Fromental…et parfois aussi elle réalise des affiches, des couvertures de livres, des papiers peints, des illustrations pour la presse. Pour le Nouvel Attila, elle a illustré Le Cantique des lionnes et Tuta Blu.

«  Un livre CULTE de la littérature ouvrière. Grand frère de L’établi de Robert Linhart, oncle de À la ligne de Joseph Ponthus , ce bleu de travail littéraire est incroyable de justesse, radical par sa forme et par sa pensée. »
Ana TIrres, librairie Les Nouveautés

« Un chemin de résistance face à l’absurdité de l’usine » 
Le Comptoir des mots

« Livre culte de la littérature ouvrière, Tuta Blu est réédité avec une postface et des dessins de Joëlle Jolivet par Benoît Virot. Paru en 1978, au moment du compromis historique entre la gauche et la Démocratie Chrétienne (façon de museler les aspirations du monde ouvrier), le livre est un brûlot qui dénonce la pollution, le bétonnage, la condition des travailleurs en usine, le consumérisme. (…) Bien que de son temps, Tuta Blu garde toute sa force et témoigne de cette mutation des campagnes grignotées par l’industrialisation et l’exploitation touristique des Pouilles. C’est par là le pendant sombre du fantasmagorique et solaire roman que son auteur Philippe Fusaro et la librairie vous ont présenté le mois dernier, A working class hero. » 
Daniel Chini, L’Arbousier

Il est toujours délicat d’affirmer : « voici un livre comparable à L’établi de Robert Linhart. Je m’y étais risqué en finissant le formidable Mammouth d’Antonio Pennacchi. Avec « Tuta blu », on s’y approche d’encore de plus près. Rien ne va échapper à notre auteur, les mauvaises conditions de travail, la souffrance physique, l’obsession du rendement, les conséquences sur la vie de famille, etc., etc. Mais ce qui fait incroyablement la force du livre, c’est la lucidité de notre auteur sur l’impact, les séquelles et les répercussions sur l’ensemble de la société ainsi que du territoire de ce mode de production et d’industrialisation capitalistique. (…) Entre souvenir d’enfance et colère politique, ce livre écrit comme un journal de la pénibilité, réveille en nous, de façon salutaire, nos pulsions d’injustice trop étouffés. Une lecture indispensable et un grand bouquin ! »
Xavier Capodano, Le Genre urbain

« Un regard lucide et goguenarad sur le monde du travail. Ce n’est pas sans rappeler le Céline du Voyage. »
Nouvelles littéraires

« La spontanéité,, la vivacité de la phrase, la justesse du ton, la beauté et la chaleur du sud de l’Italie, font de Uta Bu un livre rare à lire absomulent. »
Libération, 1983

« Une bouffée d’oxygène, une dilatation des artères, comme un verre de Côtes de Beaune encore râpeux de 1979 a déjà bien du corps et de l’esprit pour se nettoyer d’un mâchouillis fast-food après avoir ingurgité avec la conscience d’un job comptant ses asticots, une potion Modiano, un sirop Xenakis, un emplâtre Cholodenko. Charlot sur sa chaîne des Temps modernes n’avait pas saisi cette évidence : « Les singes à l‘usine et les ouvriers dans les arbres ».
Le Canard enchaîné 

« L’humour, la rage, la sensualité du prolétaire nous sont directement transmis par un écrivain resté parmi les siens » 
Esprit, 1983

« Les choses sont dites sans périphrase. On voit que même un professionnel aussi habile que Paves ne pouvait pas aller aussi loin dans le naturel. Qu’il était obligé, comme tous les intellectuels qui accordent la parole aux gens du peuple, d’éliminer certains termes de vocabulaire, ils sonneraient faux dans leur bouche. Au pauvres, on ne peut quand même pas tout voler. 
À celui qui s’est forgé une sorte de culture avec les revues et les hebdomadaires que son père nettoyeur aux chemin de fer de l’État ramassait près des cabinets, il a suffi pour s’imposer de rester ce qu’il était. D’écouter sa colère d’adulte et son lyrisme bucolique de petits paysans pour aboutir, clopin clopant, à un texte d’une verdeur et d’une richesse qui ont dû donner bien du fil à retordre au traducteur, confrontés à ce mélange de dialectes du sud et de patois syndicaliste, mais Jean Guichard a été récompensé de ses efforts. (…)
Au bout du compte, chez cet anarchiste truculent pour qui tout ce que la main n’atteint pas ici et maintenant est un leurre, et qui sans avoir lu Rabelais réclame à son tour la suppression des horloges, c’est Boccace qui l’emporte sur Marx. Comme s’il était le dernier héritier de ce goût du bonheur qui dans le sud, à travers les siècles, a su résister à toutes les religions. Et d’adresser un bras d’honneur à toutes les statues du moment, au pied desquelles, de loin en loin, éclatent des poèmes mal ficelés, salubres et vengeurs. De merveilleux bouquets sauvages de toutes les fantaisies d’un esprit solitaire, tel celui-ci. »
Angelo Rinaldi, L’Express, 12/11./982

 Une enquête sur la collection Franchi 
 où fut publié l’édition originale de Tuta Blu

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 Le lien vers la collection « Tuta Blu »des magnifiques éditions Héros-Limite, qui nous a donné envie de rééditer ce livre