INCIPIT

Fils de clebs

 La mémoire d’un enfant d’immigrés arabe, turc, queer… et croyant.

Premier roman de de Ozan Zakariya Keskinkılıç
Traduction de Jeffrey Trehudic
Couverture de Minette Dreier
978-2-37100-118-3 — 248 pages — 21€

C’est une histoire d’amour. Elle se déroule l’été à Adana, en Turquie, à trois mille kilomètres de Berlin… où notre héros, Zeko, partage son temps entre rencontres éphémères, mosquée et thérapie. 

Mais chaque fois que les lèvres de Zeko touchent celles d’un garçon, son esprit le ramène à Hassan, son voisin d’Adana, que son grand-père, Dede, traitait toujours de « fils de clebs ». Quand Dede meurt et que s’éloignent les voyages au pays, Zeko refuse d’oublier. Ni son grand-père, ni les rituels religieux, ni le goût des aubergines cuisinées par sa grand-mère…. encore moins Hassan.

Porté par une prose incantatoire et magique, ce récit navigue avec une liberté totale entre quête d’identités, langues et désirs.

Ozan Zakariya Keskinkılıç, né en 1989 en Allemagne de parents turcs d’origine arabe, a suivi des études de psychologie avant de se tourner vers les sciences politiques à Vienne, Berlin et Cambridge, après un stage d’un an à Bamako, au Mali, un pays qu’il avait choisi car c’est l’un des rares pays à la fois francophone et riche en traditions musulmanes.

Docteur en sciences politiques, spécialiste de l’islamophobie, de l’antisémitisme, de l’orientalisme et des politiques de la mémoire, il publie des articles dans des revues, avant de se vouer à la poésie et de publier, en 2022, son premier texte poétique, Prinzenbad, du nom d’une piscine publique de Berlin-Kreuzberg. En 2023, il publie Muslimaniac (Verbrecher Verlag), un essai consacré à l’histoire et à l’actualité de l’islamophobie, ainsi qu’aux questions d’identité et de vivre-ensemble.

Paru en allemand chez Suhrkamp (le Gallimard allemand) en 2025, Hundesohn (Fils de clebs), son premier roman, a été salué par la critique et distingué par plusieurs récompenses, dont le prix littéraire Aspekte de la ZDF et le Prix d’encouragement Max Frisch de la ville de Zurich.

La spiritualité musulmane, la mémoire et le désir queer constituent les coordonnées littéraires d’un voyage à travers des géographies qui se superposent, notamment l’Allemagne, la France et la Turquie.

Après avoir participé au programme Georges-Arthur Goldschmidt, Jeffrey Trehudic signe les traductions de l’allemand de Tout doit être splendide de Sasha Marianna Salzmann (Christian Bourgois éditeur), et de KOMA de Mazlum Neguiz et Leonie Ott (éditions Misma). Il vit à Berlin, où il travaille aussi comme libraire.